J'ai rencontré mon conjoint actuel il y a près de 4 ans.
Non, je ne suis pas mariée, et je ne tiens pas à l'être.
J'ai assez payé et j'ai compris que l'amour ne se
contracte pas. Nous vivons ensemble depuis 2 ans. Quand
je l'ai rencontré, il était marié depuis une vingtaine
d'années environ et il avait une fille de 14 ans. Il
travaillait la majeure partie du temps à l'extérieur du
pays et il était chez lui environ l'équivalent d'une
semaine par mois. Il vivait " séparé " de sa femme mais à
l'intérieur de la même maison. Cette situation était pour
lui très accommodante, étant absent la plupart du temps
et cela lui permettait de voir sa fille grandir. Il
n'avait pas à se soucier des " tracas " domestiques et il
profitait de l'environnement quand il y était. Ils
prenaient les repas " en famille " et pour la gamine,
elle n'a jamais été avisée de la relation que ses parents
avaient entre eux. Il laissait la gestion de son plein
salaire à sa femme qui elle, n'a jamais travaillé de sa
vie. En général, durant l'été alors qu'il était un peu
moins actif dans ses déplacements, la mère et la fille
partaient 2 ou 3 mois en vacances en Europe.
Je ne suis quand même pas assez naïve pour croire
qu'occasionnellement ils ne partageaient pas la même
couche. Mais il y avait une sorte de convention de part
et d'autre et ils se respectaient mutuellement. Elle
était une bonne femme d'intérieur, très cultivée,
intelligente, elle parle même 4 langues, détient 2
diplômes universitaires (un en langue et un en
marketing). Mais travailler pour elle, pas question. Elle
aime aller au centre de conditionnement physique,
magasiner, au théâtre, au restaurant avec des amies mais
autrement, elle est diabétique et donc, elle ne peut
travailler. Il y a des joueurs de hockey diabétiques qui
se piquent avant chaque partie mais il faut croire que
son standing à elle était au-dessus d'un vulgaire travail
rémunéré. Son mari avait d'excellents revenus alors, elle
s'occupait plutôt à dépenser. 6.000$ en vêtement par
année, 15.000$ en épicerie, 10.000$ en loisirs et
récréation etc.
Quand nous nous sommes rencontrés, il m'a expliqué la
situation. Cela m'apparaissait logique, d'une certaine
façon. Il était toutefois hors de question que les choses
restent ainsi. Je n'entendais pas jouer le rôle de
maîtresse et je lui ai dit qu'il devrait mettre les
choses au clair. Ce qu'il a fait sans aucune hésitation.
Il s'attendait à ce que tout se déroule bien puisque tout
était transparent entre lui et sa femme. Or, il n'en fût
rien. Tant et aussi longtemps qu'elle " restait Madame
Untel " socialement, qu'elle dépensait ce qu'elle voulait
et qu'elle faisait la vie qu'elle voulait en toute
respectabilité, cela ne la dérangeait pas de vivre "
séparée " sous le même toit. Mais elle n'entendait pas
lâcher le morceau aussi facilement.
J'ai voulu jouer la
compréhensive et j'ai même proposé à mon chum de
continuer de vivre là pendant quelque temps pour la
laisser se replacer. Elle était dans la quarantaine et
elle n'avait jamais travaillé, il lui fallait du temps
pour se faire à l'idée et se prendre en main, etc. Bref,
j'ai voulu jouer la personne ouverte qui sait donner la
chance au coureur. Ce fût ma première erreur. Elle a
tenté de le reconquérir, elle a joué la carte du " je
fais pitié, mon diabète est en chute libre ", elle s'est
mise à fréquenter le curé, elle m'appelait " sa maîtresse
" devant leur fille et elle était on ne peut plus
hargneuse à mon égard. J'étais la voleuse d'hommes, la
sorcière dangereuse qu'on tient éloignée au bout d'une
pique. Mon chum de son côté a toujours été ferme sur
notre relation.
J'ai connu sa famille immédiatement. Mes
beaux-parents sont adorables et ils m'ont accueillie à
bras ouverts. Elle a écrit à tout le monde de la famille
de mon chum pour leur dire que, s'ils me recevaient avec
lui, ils étaient coupables de voler un père à sa fille
etc. Je dis que mon chum a toujours été ferme; c'est vrai
et ça ne l'est pas. Elle ne voulait pas que j'appelle sur
le téléphone de la maison et je devais le rejoindre sur
son cellulaire. S'il recevait mon appel en sa présence,
il devait sortir de la pièce pour me parler. J'ai eu et
j'ai encore tous les défauts du monde et allez
comprendre, mon chum est la pauvre victime. Nous avons
continué comme ça pendant 18 mois. Plus souvent
qu'autrement, il venait chez moi. Il s'est mis à moins
voyager pour son travail et à passer plus de temps avec
moi. Et depuis deux ans, nous vivons ensemble. Il a
obtenu son divorce il y a 3 mois et je reste toujours la
méchante vilaine.
Elle touche une pension alimentaire de
45.000$ par année et ceci, pendant 4 ans pour elle-même.
Lors de la vente de la maison, elle a obtenu la moitié
pour elle et en plus, afin de faire en sorte qu'il ne
soit pas coincé avec une pension à vie, il lui a cédé sa
propre moitié sur la valeur de la maison. Il lui a
évidemment donné la moitié de ses fonds de pension. Il
paie une université américaine à sa fille (environ
$20.000US) et en plus, il lui verse une pension de $500.
par mois pour ses dépenses personnelles. Bien sûr, il
gagne un bon salaire et nous ne sommes pas à la
mendicité. Mais de son propre revenu, il ne lui reste
même pas la moitié de ce qu'il verse en pension
alimentaire à son ex. Et pourtant, c'est lui qui
travaille et non pas elle. Et quand on a commencé à vivre
ensemble, son compte bancaire était à zéro. Et je suis
tellement méchante que la jeune fille refuse même de voir
son père en ma présence. Notez que cela ne me manque pas
car la fille est aussi désagréable et enfant gâtée que la
mère mais, bon! je pense qu'on pourrait au moins avoir
une relation civilisée.
Flash-back sur mon divorce. Quand je suis allée vivre
avec mon conjoint actuel, nous avions convenu que les
frais de subsistance de notre fils seraient assumés à 50%
par son père et moi. Mon fils avait alors fait le choix
d'étudier à Québec alors que je déménageait. On ne paie
pas tout et mon fils doit travailler à temps partiel pour
arriver à boucler son budget. Au moment de faire notre
entente à l'amiable mon ex et moi, nous avions discuté de
partager les fonds de pension. Cela ne représentait pas
une somme astronomique puisque j'ai toujours travaillé.
La raison pour moi en était une d'équité. jusqu'à l'âge
scolaire de mon fils, j'ai mis ma carrière en veilleuse.
J'ai travaillé quand même tout le temps mais j'ai accepté
une " démotion " afin de me donner plus de disponibilité
en fonction des horaires de la garderie. Quand on a fait
les calculs des fonds de pension, mon ex trouvait que le
montant était trop élevé. Il m'a dit qu'il ne comprenait
pas qu'il doive me verser une somme puisque j'avais
travaillé tout le temps. En plus, je lui ai proposé de ne
pas prélever la somme de son fonds de pension qui lui,
serait éventuellement indexé à la retraite mais qu'il me
" paie " une somme symbolique de 12.000$ à même ses REER.
Que pour moi, le principe d'équité serait respecté et que
je ne demanderais rien d'autre. Je suis encore devenue la
méchante. C'était mon choix qu'on se sépare, lui, il n'a
que subi et en plus, il doit payer! Peu importe le côté
de la médaille, je reste la méchante. Je dois vraiment
être douée :-)
La loi sur le mariage est-elle la même pour tous? Oui,
sûrement. La différence vient de l'intégrité personnelle
et de la fierté de l'individu. La différence vient de
notre notion personnelle du mariage. Quand je me suis
mariée, je n'ai jamais pensé que mon conjoint me prenait
à charge pour le meilleur et pour le pire. J'ai pensé
qu'on pouvait s'aimer pour le meilleur et pour le pire;
mais même là j'avais fait fausse route :-)
Ma crainte présentement : que l'ex-épouse de mon conjoint
aille chercher un nouveau jugement dans 4 ans en
prétextant qu'elle n'a pas trouvé d'emploi et que sa
santé ne lui permet pas de travailler ! En fait, j'ai la
conviction qu'elle n'attend que ça. Dans toutes
séparations il y a des torts des deux côtés.
Tant qu'on
n'a pas accepté cet état de choses, on n'a pas cheminé
et, la mauvaise expérience qu'est l'échec du couple
n'aura servi à rien. J'ajouterais qu'au moins, j'ai
réussi mon but le plus important : mon fils est bien
équilibré dans tout ça et il a une belle relation autant
avec mon conjoint qu'avec la conjointe de son père. Il
m'en a voulu au début, mais il a finalement appris à me
respecter tout comme il a compris que peu importe ce qui
se passe, son père sera toujours son père et je serai
toujours sa mère. Il y a juste deux personnes de plus qui
peuvent l'aimer et l'aider aujourd'hui. J'ai quitté mon
ex-mari pour violence mentale et psychologique. En fait,
c'est faux. Je ne l'ai pas quitté parce qu'il était
violent mais plutôt parce que je ne l'aimais plus. La
violence a tué les sentiments que je lui portais et j'ai
été coupable de n'avoir pas su me faire respecter et
ainsi entretenir les sentiments. Et pour mon conjoint,
c'est pareil : il a été négligent parce que ça
l'accommodait à l'époque. Faut-il donc vraiment s'étonner
de ce qui survient par la suite?
Il ne faut pas s'attendre à voir les lois changer tant
que la société elle-même n'aura pas progressé.